Il court, court, court, sans jamais s'arrêter.
Il ne sait pas où il va, mais il sait qu'il le trouvera.
C'est comme ça, ils n'ont pas besoin de portable ou de quoi que ce soit, puisque de toute façon, sans Bill, Tom n'est plus lui, et vice-versa.
La pluie commence à marteler les trottoirs, s'acharnant sur chaque pauvre passant désarmé de parapluie.
Il fait parti de l'un d'eux.
Son frère aussi.
Chacun de ses pas résonne avec force sur la route, dans sa tête, et dans celle de son double, de sa vie.
A chaque pas, son c½ur se fend un peu plus, il ne sait pas, il n'a aucune idée d'où se trouve le brun, mais il sait que qu'il le trouvera bientôt.
Il ne sait pas dans quel état il est, il ne peut pas le définir, son esprit est bien trop occupé sur la destination à suivre.
Une destination qu'il n'analyse même pas, il la suit, c'est tout.
A chaque nouvelle goutte pluvieuse qui s'écrase au sol, son angoisse augmente, ses membres s'engourdissent, son corps se rend subitement compte qu'il est glacé et frissonne à en chuter.
Sa tête est sur le point d'exploser, il le sent, il est fiévreux.
Quoi de plus étonnant lorsque l'on se précipite en plein hiver sous la pluie, à sprinter comme un malade, en tee-shirt ??
Sa respiration s'accélère, son souffle se coupe par instant, il faut qu'il s'arrête, il court depuis trop longtemps.
Non.
Tom a toujours détesté le sport, c'est vrai, mais il a toujours été endurant.
Sa complication respiratoire, il ne la doit pas à sa course, mais à l'état critique et aux sentiments de son frère, il le sait.
Non, il ne doit surtout pas s'arrêter, il doit le trouver, quitte à en crever.
Ses muscles le tirent de plus en plus, sa vue se brouille, sa tête tourne.
La fièvre mêlée à la tension est trop forte.
Mais il ne peut pas s'arrêter.
S'il s'arrête, il le lâche.
S'il le lâche, il s'abandonne lui-même.
Son frère compte sur lui, il le sait, ça aussi.
A droite.
Tom tourne brusquement, traverse la route.
Il entend les pneus d'une voiture crisser, plusieurs coups de klaxons répétés, des cris.
Tant pis.
Il n'a pas le temps.
Ou on s'arrête pour lui, ou il passe sous les bagnoles présentes.
Sa vie ne dépend que d'eux :
Il n'a pas le temps de s'arrêter, à vrai-dire, il est tellement mal que, s'il s'arrête, il ne pourra plus repartir.
Il ferme les yeux.
La voiture se stoppe net, obligeant celles de derrières à s'arrêter à leur tour en un brouhaha de klaxons.
Le dreadeux prend tout juste le temps d'entendre les insultes et les grognements qu'on lui lance, suite à la frayeur qu'il leur a faite, et poursuit sa course.
A présent, ses propres sentiments prennent le dessus :
Il approche, son c½ur s'accélère à lui en faire mal, il a peur, peur de ce qui peut s'être passé.
Enfin, il arrive près d'un parc.
Ce parc, il le connaît, mais dedans, il s'y sent étranger, comme le gêneur dans un rendez-vous amoureux :
C'est celui où Emeline et son frère avaient l'habitude de se retrouver.
Aujourd'hui, il a l'horrible sensation que cette phrase restera toujours au passé.
Qu'ils ne s'y retrouveront plus jamais.
Tom se stoppe brusquement, la respiration plus forte et plus saccadée que jamais, la gorge sèche, le c½ur survolté, et tremblant de tous ses membres.
Il y est presque.
Il ne doit pas.
Il ne doit pas se laisser aller maintenant.
Trop tard.
Le garçon est à bout de forces, il n'a jamais ressentit autant de choses à la fois, sa tête et son c½ur vont finir par exploser, c'est sûr.
Il glisse brusquement à genoux au sol, ses mains s'enfonçant dans la terre le maintenant encore en position « assise ».
Il est secoué de tremblements plus violents les uns que les autres :
sa fièvre reprend possession de lui.
Il ferme les yeux douloureusement, il veut que tout s'arrête, c'est trop, c'est impossible à supporter :
Le c½ur déchiré de son frère se repose sur le sien, déjà trop fatigué par tant de speed et de frayeur.
Les sentiments haineux mais à la fois brisés de Bill se mêlent à l'angoisse et à la fièvre incessantes de Tom.
Trop, trop, trop.
Un seul humain ne peut pas porter à lui seul le poids de deux déchirures.
Le blond respire vite, difficilement, le regard vide et la vue trouble.
Ses mains se resserrent un peu plus sur la terre, qu'il empoigne rageusement.
Il ne doit pas.
Non, il l'a promis.
Il ne craquera jamais !
Il l'a promis à Gustav, il se l'est promis à lui-même tout comme, par conséquent, il l'a donc promis à Bill.
Il doit le protéger, il est lui, il est toute sa vie, tout son c½ur, toute son âme.
Leurs joies, ils les fêtent ensemble, leurs peines, ils les pleurent ensemble, tous leurs états d'âmes, ils les partagent.
Alors, non, ce n'est pas aujourd'hui que Bill sera seul.
Une voix parvient difficilement jusqu'au oreilles de Tom, quelque peu voilée par la pluie et le vent, ainsi que par les larmes qui la coupe de temps en temps.
- Es bringt mich um,
Wir ham uns totgeliebt,
Es bringt mich um,
weil unser Traum,
in Trümmern liegt.
Die Welt soll schweigen,
und für immer einsam sein.
Wir sind verloren,
auch wenn die Mächte,
sich vereinen.
Es ist vorbei. ( bill )
[ Ca me tue Nous nous sommes aimés à mort Ca me tue Car notre rêve Est en ruines Le monde doit se taire Et rester seul pour toujours Nous sommes perdus Même si toutes les forces Se réunissent C'est fini ]
Tom se relève brusquement.
Il ne sait toujours pas exactement ce qu'il s'est passé.
Mais il l'a retrouvé.
Il doit trouver la force de le rejoindre.
Il marche du plus vite qu'il le peut, tourmenté par la fièvre qui le ravage, et arrive finalement vers son frère.
Il est là, devant le lac, tourné vers Tom, le visage inondé de pleurs et les membres tout aussi tremblants que les siens.
Son visage est plus blanc que jamais, et les derniers mots brisés qu'il arrive à chanter faiblement semblent plus dur que jamais.
- Die geier kreisen,
über unserm Revier.
Töten das letzte von Dir,
und das letzte in mir.
Es bringt mich um ( bill )
[ Les vautours effectuent leur danse macabre Autour de notre secteur Tuent la dernière trace de toi Et la dernière de moi ]
Le c½ur du blond tombe lourdement en lui, à l'instant même où Bill chute vers le lac.
Il pousse un cri d'effroi, le rattrape de peu, et s'effondre à son tour sous son poids, devenu trop lourd pour sa faiblesse.
Tom se retrouve à nouveau à genoux par terre, se raccrochant au corps évanoui de son frère serré contre lui.
Il respire faiblement, il faut qu'il ramène Bill à la maison, ou il va finir par tomber dans les paumes lui aussi, et le lendemain, on les retrouvera congelés au milieu du parc.
Quoique, s'il n'avait pas rattrapé son frère, ç'aurait plutôt été au milieu du lac.
Avec difficultés, il extirpe tant bien que mal son portable de sa poche, et compose le numéro de Georg.
Au bout de trois sonneries, la voix endormie de son ami lui répond :
- M'n'allo ? ( Georg )
- Georg ! C'est Tom ! ( Tom )
- Sans blague ... -_-' Tu sais, ton numéro s'affiche quand tu m'appelles ... En revanche j'aimerai bien savoir quelle est ta raison pour m'appeler à minuit trente-cinq de la nuit. J'espère pour toi qu'elle est bonne. ( Georg )
- ............................... ( Tom )
- Oh, merdeux ! M'appelle pas pour t'endormir au bout du fil !! ( Georg )
- ...... Il faut que tu viennes ... ( Tom )
- QUOI ? Hey, j't'ai connu plus bavard que ça ! J'entends rien à c'que tu dis !! ( Georg )
Tom n'en peut plus.
Il n'a plus de force, plus le courage de hurler, il veut rester là, à s'endormir contre son frère, à partager une dernière fois sa douleur.
Comment en est-il arrivé là ?
Comment des sentiments peuvent-ils avoir un effet si destructeur ?
Non.
Tom rassemble son courage pour la dernière fois de la soirée, du moins, il l'espère, et prend une grande inspiration avant de rendre sa voix la plus forte possible :
- Georg, s'il te plaît, je sais qu'il est tard, mais Bill et moi on a des problèmes, on a besoin de ton aide. ( Tom )
- ....................................... Vous êtes où ? ( Georg )
Tom pousse un soupir de soulagement.
Georg n'est pas son meilleur ami pour rien.
Certes, il est un peu long à la détente, mais il a fortement ressentit son angoisse et il sait que c'est réellement important.
AHHHHHHHHHH ><
Chuis tellement désolée !!
Jvous ai même pas prévenues ,
alors que je partais pour 4 jours !! T-T
mais bon on n'y peut rien hun.
Bref. Vous aimez ?
Moi je trouve ça pas mal , pour une fois ^^
J'espère que c'est à la hauteur de vos espérances =)
Et , J'ai vraiment , vraiment adoré les 44 commentaires non lus
quand je suis revenue ,
vraiment , ça m'a fait très plaisir ,
Merci beaucoup =')
Je voudrais 30 coms =D
Bisouuuu <3